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Mise en contexte

La concentration des élevages dans un milieu ne possédant pas les superficies d’épandage nécessaires pour supporter ce cheptel n’est pas un phénomène nouveau. Bien avant que le Québec ne déclare officiellement des régions en surplus de phosphore (RRPOA, 1997), d’autres pays et régions avaient déjà amorcé depuis quelques temps une approche environnementale avec le traitement des effluents de ferme. Au Québec, le Règlement sur les exploitations agricoles (REA, 2002) balise les applications de phosphore lors de l’épandage des engrais de ferme, alors qu’ailleurs la réglementation est souvent basée sur l’application de l’azote au champ.

 

Le traitement, par son coût, sa nouveauté technologique (risque) et le manque de débouché commercial pour la fraction solide, est une solution de dernier recours. Plusieurs autres solutions alternatives de premier ordre doivent avoir fait l’objet d’une analyse avant de choisir le traitement. Référez-vous au guide « Le traitement des fumiers, est-ce pour mon entreprise? » pour trouver les réponses aux questions les plus souvent demandées en matière de traitement des fumiers. Afin de piquer votre curiosité, voici la liste des questions auxquelles répond le guide:

1. Pourquoi parle-t-on de surplus et de traitement des fumiers en Chaudière-Appalaches?

2. Puis-je éviter d’avoir recours au traitement?

3. Les types de traitement, quelques définitions…

4. Le traitement, combien ça coûte?

5. Quel type de traitement devrais-je choisir?

6. Aide financière

7. Le traitement, est-ce autorisé par le Ministère du Développement Durable de l’Environnement et des Parcs?

8. Quelle est la démarche à suivre pour implanter un système de traitement?

9. Le traitement en Chaudière-Appalaches, où en sommes-nous?

10. Quel est le rôle de Fertior Division traitement en Chaudière-Appalaches?

11. Qui peut vous conseiller en matière de traitement?

 

Le traitement, que faut-il savoir?

Qu'est-ce que réellement le traitement? Que se passe-t-il avec les éléments fertilisants, les oligo-éléments, les pathogènes et les odeurs?

Le mot traitement fait généralement référence à tout procédé qui permet d’extraire ou détruire certains ou tous les éléments/pathogènes du lisier afin de résoudre une problématique environnementale. Certains traitements dits de « séparation » concentrent quelques éléments dans une fraction solide, alors que d’autres dits « complets » permettent d’épurer le liquide à un tel niveau que le retour au milieu naturel pourrait être envisageable et que le solide est valorisé à l'extérieur de la ferme.

La séparation des solides et liquides, peu importe le procédé utilisé pour y arriver, ne diminue pas la charge du lisier en tant que telle, mais nous permet de gérer la charge d’éléments fertilisants adéquatement. La séparation solide-liquide permet de concentrer le phosphore dans une fraction solide afin de pouvoir l’exporter hors des régions en surplus à moindre coût (lorsqu’on exporte du lisier brut, on transporte de l’eau à 95%). Cependant, le coût des équipements et des installations nécessaires pour les procédés de séparation performants, en plus des coûts d’entreposage et de disposition de la fraction solide, font en sorte qu’il n’est pas toujours réaliste actuellement d’envisager couvrir les frais de traitement via l’économie des frais de transport uniquement. Par exemple, si le producteur a des dépenses de l’ordre de 2-5$/m3 de lisier brut pour gérer adéquatement (REA et PAEF) les engrais de ferme, et que les ententes / locations sont fermes, il sera difficile de justifier financièrement le traitement. Par contre, avec les revenus éventuels de la commercialisation de la fraction solide, le coût du traitement pourraient diminuer.

Suite à une séparation solide-liquide, les proportions de phosphore et d’azote qui se retrouvent dans les fractions liquide et solide varient d’un séparateur à l’autre. Ceci fait en sorte qu’il est primordial de prendre le temps de faire les calculs (N,P, dose hydrique) pour planifier adéquatement la disposition de la fraction liquide pour chacun des équipements qui vous intéresse. En effet, non seulement les sols en propriété doivent être capables de recevoir les kg de phosphore restant dans le liquide, l'épandage de l'azote doit aussi respecter les normes agronomiques. De plus, la dose hydrique maximale ne doit pas être dépassée. Si cet exercice n’est pas fait avant la sélection du procédé de séparation, quelques surprises pourraient vous attendre suite à son installation. Vous pourriez ne pas posséder suffisamment de terres pour épandre 100% de la fraction liquide issue du séparateur. Il faudra donc de nouveau trouver des ententes d’épandage.

Certains traitements dits « complets ou globaux » permettent le retour au milieu naturel de la fraction liquide issue du traitement ou l’irrigation de celle-ci. En effet, si la charge présente dans la fraction liquide respecte les exigences environnementales de rejet au cours d’eau, le liquide pourrait y être rejeté. Par contre, lorsque la fraction liquide est très pauvre en éléments fertilisants (mais ne rencontre pas les exigences ministérielles) et que la fertilisation par épandage n’est pas intéressante, l’irrigation peur s’avérer un moyen de disposition prometteur. L’avantage des traitements plus poussés en terme d’épuration du lisier est que ces procédés ont un impact important sur la diminution des volumes à épandre, donc une diminution des coûts. Pour l’entreprise qui n’a que très peu ou pas de terres disponibles, ces types de procédés sont probablement plus adaptés à la situation qu’une séparation solide-liquide. Pour l'entreprise qui désire continuer à cultiver et qui favorise le traitement complet, la planification de la fertilisation devra faire partie de la démarche. Qu'est-ce qui servira à fertiliser les cultures? Un peu de lisier brut, une partie de liquide pas totalement traité ou autres choses, il faudra le prévoir.

Oligo-éléments

En ce qui concerne les oligo-éléments (métaux lourds), ils ne peuvent être détruits. Dans la majorité des cas, ces éléments se retrouvent dans la fraction solide. Les kg de métaux sont donc les mêmes avant et après le traitement, mais concentrés dans le solide comme le phosphore.

Pathogènes

Selon le type de traitement, les pathogènes présents dans le lisier sont soit: - détruits; - non détruits; - différents (changement des conditions du milieu). Il va de soit que, pour un retour au milieu naturel, il doit y avoir élimination des pathogènes.

Odeurs

Les odeurs sont la source de bien des problèmes de cohabitation. Certains traitements éliminent les odeurs (traitement anaérobie), d’autres traitements diminuent les odeurs de la fraction liquide à l’épandage, alors que certains peuvent diminuer les odeurs au bâtiment. Le traitement demeure une technologie émergeante qui comporte un degré de risque. Cependant, le traitement peut être une solution à ne pas négliger pour certaines entreprises en surplus.

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